Sa colonne cintrée la rend reconnaissable entre toutes les harpes.

Historiquement les cordes étaient métalliques et les deux cordes centrales étaient accordées à l'unisson. Elle possède généralement 32 (quatre octaves et une quarte) à 38 cordes (cinq octaves et une tierce). De nos jours, les cordes sont le plus souvent en nylon, mais on trouve aussi des instruments montés avec cordes de bronze, en acier, en cuivre, en fibre de carbone ou en boyau (de mouton).

Des « taquets » ou « palettes » ou encore « leviers » (d'où le nom lever harp en anglais), fixés près de la partie supérieure de chaque corde, permettent de modifier la hauteur des notes d'un demi-ton pour jouer les altérations (dièses/bémols). On accorde généralement la harpe celtique en mi bémol majeur avec les taquets en position basse, ce qui permet ensuite de jouer dans les tonalités ayant jusqu'à quatre dièses ou trois bémols.

[Le Dagda, dieu-druide de la mythologie celtique, est aussi le dieu tutélaire des musiciens et, à ce titre, il possède une harpe magique qui a la particularité de savoir toutes les mélodies de la musique et de pouvoir les jouer toute seule, sur simple demande du dieu.]

En Irlande entre le XIIe siècle et le XVe siècle, les personnes aveugles qui ne pouvaient pas participer aux travaux habituels étaient alors dirigés vers le filage de la paille pour rempaillage de chaises ou bien on leur enseignait la harpe. Les aveugles furent nombreux parmi les harpistes de l'époque et souvent de très bons joueurs et compositeurs, leurs sens du toucher et de l'ouïe étant très développés. Le compositeur Turlough O'Carolan était lui-même aveugle. La harpe de la Reine Marie, une des dernières harpes médiévales. Museum of Scotland.

De ce fait, beaucoup d'œuvres ne furent transmises que par oral et un très grand nombre d'entre elles ont aujourd'hui disparu. Leur répertoire sera noté dès 1792 par Edward Bunting, précurseur en matière des collectes des traditions instrumentales européennes. De plus, on a conservé quelques anciennes harpes irlandaises, certaines remontant au XVe siècle, qui caractérisent la clarseach de l'époque2. Seuls trois exemplaires de harpes celtiques anciennes (appelées aussi « harpes gaéliques ») nous sont parvenus : la harpe dite de Brian Boru (attribuée au roi Brian Boru), exposée au Trinity College de Dublin, la harpe de la Reine Marie et la harpe de Lamont, ces deux dernières étant conservées en Écosse, au National Museum d’Édimbourg. Le plus ancien fragment (XIIe ou XIIIe siècle) a été trouvé dans une tourbière irlandaise.

Dans les pays celtiques, la harpe était l'instrument des classes supérieures : au Pays de Galles, les bardes joueurs de harpe occupent de hauts rangs dans la hiérarchie sociale et bénéficient d'importants privilèges. En Armorique, il existe jusqu'au XIe siècle des bardes officiels à la cour du souverain, comme le Quimpérois du nom de Kadiou à la cour d'Hoël V en 1079 selon d'anciennes chartes. Dans les trois autres pays de culture celtique, les harpeurs, appréciés dans tous les milieux sociaux, perdurent jusqu'au début du XIXe siècle. Mais la harpe et les harpeurs connaissent des temps très difficiles, supplantés par les cornemuses et pourchassés en 1600, par les Anglais d'Oliver Cromwell en Irlande, en Écosse et au pays de Galles, pour tenter d'étouffer le sentiment national, la harpe tenant une telle place dans la vie celtique. En Écosse, à la fin du XVIIIe siècle, la harpe celtique avait disparu du paysage culturel, mais partir des années 1890, dans le cadre du Celtic Revival et en particulier du Mòd, un festival annuel fondé par la Société des Highlands, un nouveau type de clàrsach émergea, tendue de cordes de boyaux au lieu de cordes métalliques.

https://www.youtube.com/watch?v=I_ImURf8KUE